Iran : Une nouvelle frontière pour les affaires

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L’Iran renoue avec la communauté internationale et laisse entrevoir de nouvelles perspectives.

L’Iran n’est pas un inconnu

Il n’est pas aisé pour nous, occidentaux, de comprendre l’Iran.
Pourtant l’ancienne Perse, carrefour incontournable des routes commerciales antiques est une civilisation brillante, l’une des plus anciennes et les plus riches de l’histoire de l’humanité.
Ce pont entre l’orient et l’occident nous échappe en grande partie. Son immense diversité géographique, et donc culturelle, est bien trop souvent occultée par une actualité géopolitique dont l’Iran est un acteur central depuis plusieurs décennies.
Car l’Iran n’est pas un pays arabe, et pas non plus un pays sunnite. Le régime chiite, au fonctionnement complexe, qui domine la vigoureuse démocratie iranienne depuis 1979, fait du pays un acteur majeur de l’échiquier politico-religieux de cette région très sensible.

Mais après des décennies de fermeture obscurantiste renforcée par les blocus occidentaux, l’Iran renoue peu à peu avec la communauté internationale, et laisse à nouveau entrevoir les trésors qu’il renferme…

Une démocratie saine

L’Iran n’est pas à un paradoxe près. Le 19 mai dernier, les Iraniens ont ainsi voté en masse pour reconduire Hassan Rohani à la présidence pendant quatre ans. Avec 57 % des voix dès le premier tour, ce religieux modéré s’est toujours montré favorable à un retour de son pays sur la scène internationale. Il a œuvré en ce sens lors de son premier mandat, et l’ouverture du pays doit beaucoup à sa politique de redressement, que la levée progressive des sanctions internationales alimente positivement.

Un réservoir de richesses

L’Iran représente à lui seul 10 % des réserves de pétrole (4e rang mondial) et près de 20 % des réserves de gaz (1er rang mondial).
Dans ce contexte la fin des restrictions d’exportations d’hydrocarbures sur le pays est une aubaine : la production de barils a été multipliée par 4, dont plus de la moitié est exportée, profitant de la remontée des cours. Les ressources du pays s’accroissent en retour, et l’Iran cherche aujourd’hui à moderniser son appareil productif et à développer sa pétrochimie.
À ce jour, ce sont ainsi une trentaine de compagnies européennes et asiatiques qui ont été sélectionnées (Shell, Schlumberger, l’ENI, Gazprom, Lukoil, Mitsubishi…). Parmi celles-ci, Total est devenue la première grande compagnie pétrolière et gazière occidentale à revenir en Iran en signant un contrat de 4,5 milliards d’euros pour l’exploitation d’un champ gazier majeur dans le Golfe.

De nouvelles opportunités perses

Mais le gouvernement d’Hassan Rohani entend diversifier ses sources de devises et développer d’autres secteurs que ceux du pétrole, notamment celui des biens de consommation, soutenu par un marché intérieur à la fois bien développé et bénéficiant de solides infrastructures, qui favoriseront à l’avenir la fluidité des échanges.
Le monde des affaires ne s’y est pas trompé : depuis un an, près de 1 000 responsables gouvernementaux et plus de 2 000 représentants d’entreprises étrangères se sont rendus à Téhéran.
Car le pays a besoin de 30 à 50 milliards de Dollars d’investissements s’il veut atteindre la croissance de 8 % dont il a besoin. Or les ressources intérieures du pays ne lui permettent pas d’avoir une croissance supérieure à 3 %. Comme le dit Peyman Sadat, ambassadeur de la République islamique pour la Belgique, le Luxembourg et l’Union européenne : « Notre plan 2017-2022 prévoit un taux de croissance moyen de 8 % par an et nous espérons des investissements directs étrangers à hauteur de 30 à 40 milliards par an au cours des prochaines années ».

Les défis sont donc nombreux, et les opportunités le sont tout autant :

• L’économie est dominée par le secteur des services (52 % du PIB), mais ceux-ci sont traditionnels… Les services financiers et bancaires ou encore le numérique en sont quasiment absents. L’industrie représente près de 40 % du PIB, mais elle repose encore sur l’exportation de nombreuses ressources naturelles sans transformation locale.

• Les services publics ont un besoin urgent d’être modernisés et renforcés, notamment dans les transports.

• La richesse humaine de l’Iran, qui dispose d’un véritable vivier de talents (chaque année 500 000 détenteurs d’une maîtrise ou d’un doctorat sortent du système éducatif pour entrer dans un marché de l’emploi totalement atone) et d’une population qui, selon le conseiller du gouvernement luxembourgeois pour l’Iran, « offre une bonne combinaison entre capital humain et capital financier », soulignant le fait que les Iraniens sont amateurs de produits de qualité, notamment occidentaux, et dépensent annuellement 180 milliards de dollars en biens de consommation.

Une chance pour l’Europe ?

La politique menée par le locataire de la Maison Blanche représente une opportunité particulièrement intéressante pour les entreprises européennes. L’obsession radicale de Donald Trump, encore accentuée récemment par son discours en Arabie Saoudite où il exhortait le monde sunnite à « isoler l’Iran », exclut les acteurs nord-américains de la course.
Et, de fait, les Européens semblent être les grands bénéficiaires de la politique du gouvernement Rohani. L’Allemagne suivie par la France, l’Italie, et le Royaume-Uni consolident leurs positions depuis 2015, tandis que les États-Unis sont encore absents du marché avec seulement 1 % dans les importations iraniennes.
La Turquie, quant à elle, a d’ores et déjà signé avec l’Iran plus de 8 accords renforçant la coopération bilatérale entre les deux pays tandis que le russe Gazprom et l’autrichien OMV ont annoncé travailler ensemble dans le secteur pétrolier iranien.

Des incertitudes qui ne doivent pas être des freins

Dire que tous les problèmes liés à l’Iran sont levés serait irréaliste. Les relations avec Israël mais aussi avec les voisins sunnites restent de profonds puits d’incertitudes. Dans le même temps, la situation intérieure qui oscille entre des religieux en butte aux aspirations d’une population éduquée et ouverte sur le monde, constitue un équilibre fragile. Mais il n’en reste pas moins que l’Iran est appelé dans les années à venir à jouer un rôle majeur sur la scène du business international ; rôle qu’elle a toujours occupé dans l’histoire avec talent et succès.

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